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Stickage des produits transformés non identifiés : l’ultimatum des producteurs de porcs

Agri 72
04/09/2010 I Mise à jour : 08:30 I Commentaires 1 I Envoyer à un ami I Imprimer cet article

Pour faire pression sur les grandes marques qui ne se soucient pas de l’origine de leur approvisionnement, les producteurs de porcs ont décidé de « sticker » les produits de charcuterie salaison qui n’affichent pas le logo VPF.

Les producteurs de lait avaient pris l’initiative au mois d’août. Pour faire pression sur les industriels et les ramener à la table des négociations, la Fédération nationale des producteurs de lait a lancé une campagne de « stickage » sur les produits de grande marque. Cette stratégie fait tache d’huile. Dès la fin de cette semaine, la Fédération nationale porcine lance une opération similaire sur des produits de charcuterie et de salaison non tracés VPF (viande porcine française) dans les rayons des grandes surfaces. Sur le thème : « traçabilité inconnue, exigez VPF » (viande porcine française » les producteurs de porcs vont cibler les produits transformés qui n’affichent pas le logo VPF.
En effet, contrairement aux abatteurs qui privilégient la production française en matière de viande fraîche en affichant VPF sur les barquettes, la charcuterie salaison et les grandes marques se désintéressent complètement de l’origine de leur approvisionnement. «Les industriels s’arbitrent uniquement sur les prix et le marché européen » déplore Paul Auffray, le secrétaire général de la FNP.

Premier avertissement

Aujourd’hui les producteurs de porcs sont confrontés à un effet « ciseau ». Les prix à la production baissent et pourraient encore diminuer dans les semaines qui viennent de quelques centimes. Le prix du porc allemand qui joue un rôle directeur sur le marché européen a encore perdu 7 centimes/kg cette semaine. Et les perspectives ne sont guère encourageantes jusqu’à la fin de l’année, en raison d’une hausse annoncée des abattages européens (+2 %). Dans le même temps les prix de l’aliment ne cessent d’augmenter. « Ils ont augmenté de 30 à 40 ¤/tonne par rapport à juin » selon Jean-Michel Serres, le président de la FNP, à la suite de l’envolée des cours des céréales. Soit un impact de l’ordre de 20 ¤ par porc sur le coût de production (20 à 25 centimes par kilo de carcasse). « Ce qui se passe sur le marché des matières premières est en train de nous déstabiliser », observe-t-il.
En demandant aux salaisonniers de jouer la carte française, les producteurs espèrent en retirer une plus-value qui les mettraient en meilleure position pour affronter la crise. La revalorisation de l’ordre de 2 centimes par kilo de carcasse sur VPF devrait être portée à 20 centimes, ce qui permettrait de couvrir l’augmentation des coûts de production. Du moins si les transformateurs faisaient preuve d’un peu de solidarité avec l’amont de la filière. En tout cas pendant la période de crise, tant que les prix sont bas et les charges de production élevés.
Cette opération est un premier avertissement, annonce Jean-Michel Serres. Elle pourrait déboucher sur des opérations plus musclées « et de plus grande envergure », si les salaisonniers se refusent à faire un geste, dans les jours qui viennent au sein de l’interprofession, Inaporc.

Les producteurs de viande bovine passent aussi à l’action

Les producteurs de viande bovine lancent également une offensive syndicale nationale en cette rentrée, confrontés à des niveaux de prix à la production qui « ne peuvent plus (les faire) vivre », indique un communiqué dela Fédération nationale bovine (FNB), publié le 1er septembre. Les éleveurs connaissent leur quatrième année de très bas revenu ; la FNB veut donc faire entendre l’ampleur de la crise du secteur et obtenir une revalorisation de 20 % du prix-production, dénonçant « la pression continue de l’aval » de la filière pour une nouvelle baisse des prix payés aux producteurs ainsi que « l’indifférence et l’inaction des pouvoirs publics ». Dès le week-end des 4 et 5 septembre, la FNB appelait ses sections départementales à cibler les viandes d’importation des pays-tiers, produits qui ne respectent pas les normes exigées au niveau national. Puis, à partir de mi-septembre, des actions seront menées dans les grandes surfaces pour obtenir « une juste répartition de la marge dans la filière entre éleveurs, abatteurs et distribution », souligne-t-elle. La FNB demande aussi une aide publique spécifique, prioritairement sous forme d’un allègement des charges financières (année blanche sur les remboursements d’emprunts), et appelle à l’élaboration, avec les pouvoirs publics et les autres acteurs de la filière, « d’un projet pour l’avenir du secteur viande bovine, lui redonnant perspectives et compétitivité ».

   
Commentaires
lebouc : action d'envergure enfin...
il est plus que temps de se faire respecter par beaucoup d'industriels et la soi- disant "grande distribution " dont nous connaissons tous les pratiques honteuses et les Résultats Nets...;mais également le concours appuyé de Coop de France(trop souvent" machine" à reclasser d'anciens dirigeants au passé peu glorieux? ...)dont la mission première est d'avoir une stratégie commerciale coordonnée et percutante face aux Requins qui controlent le Pays , ne serait il pas enfin le bienvenu ?
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