
Pour faire pression sur les grandes marques qui ne se soucient pas de l’origine de leur approvisionnement, les producteurs de porcs ont décidé de « sticker » les produits de charcuterie salaison qui n’affichent pas le logo VPF. Les producteurs de lait avaient pris l’initiative au mois d’août. Pour faire pression sur les industriels et les ramener à la table des négociations, la Fédération nationale des producteurs de lait a lancé une campagne de « stickage » sur les produits de grande marque. Cette stratégie fait tache d’huile. Dès la fin de cette semaine, la Fédération nationale porcine lance une opération similaire sur des produits de charcuterie et de salaison non tracés VPF (viande porcine française) dans les rayons des grandes surfaces. Sur le thème : « traçabilité inconnue, exigez VPF » (viande porcine française » les producteurs de porcs vont cibler les produits transformés qui n’affichent pas le logo VPF. Premier avertissementAujourd’hui les producteurs de porcs sont confrontés à un effet « ciseau ». Les prix à la production baissent et pourraient encore diminuer dans les semaines qui viennent de quelques centimes. Le prix du porc allemand qui joue un rôle directeur sur le marché européen a encore perdu 7 centimes/kg cette semaine. Et les perspectives ne sont guère encourageantes jusqu’à la fin de l’année, en raison d’une hausse annoncée des abattages européens (+2 %). Dans le même temps les prix de l’aliment ne cessent d’augmenter. « Ils ont augmenté de 30 à 40 ¤/tonne par rapport à juin » selon Jean-Michel Serres, le président de la FNP, à la suite de l’envolée des cours des céréales. Soit un impact de l’ordre de 20 ¤ par porc sur le coût de production (20 à 25 centimes par kilo de carcasse). « Ce qui se passe sur le marché des matières premières est en train de nous déstabiliser », observe-t-il. Les producteurs de viande bovine passent aussi à l’actionLes producteurs de viande bovine lancent également une offensive syndicale nationale en cette rentrée, confrontés à des niveaux de prix à la production qui « ne peuvent plus (les faire) vivre », indique un communiqué dela Fédération nationale bovine (FNB), publié le 1er septembre. Les éleveurs connaissent leur quatrième année de très bas revenu ; la FNB veut donc faire entendre l’ampleur de la crise du secteur et obtenir une revalorisation de 20 % du prix-production, dénonçant « la pression continue de l’aval » de la filière pour une nouvelle baisse des prix payés aux producteurs ainsi que « l’indifférence et l’inaction des pouvoirs publics ». Dès le week-end des 4 et 5 septembre, la FNB appelait ses sections départementales à cibler les viandes d’importation des pays-tiers, produits qui ne respectent pas les normes exigées au niveau national. Puis, à partir de mi-septembre, des actions seront menées dans les grandes surfaces pour obtenir « une juste répartition de la marge dans la filière entre éleveurs, abatteurs et distribution », souligne-t-elle. La FNB demande aussi une aide publique spécifique, prioritairement sous forme d’un allègement des charges financières (année blanche sur les remboursements d’emprunts), et appelle à l’élaboration, avec les pouvoirs publics et les autres acteurs de la filière, « d’un projet pour l’avenir du secteur viande bovine, lui redonnant perspectives et compétitivité ». Commentaires
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