
L’Union européenne est devenue un grand utilisateur de terres agricoles dans les pays tiers pour satisfaire ses propres besoins alimentaires. En cause, les réformes successives de la Pac qui ont entrainé le déclin et la perte de compétitivité de son agriculture. En 2008, les 27 Etats membres de l’Union européenne ont exporté pour 127,6 milliards de dollars de denrées agricoles mais ils ont importé pour 173,1 mds de dollars de produits alimentaires, soit un solde net de 45,5 Mds $. C’est la conclusion d’un rapport publié par le centre de recherche indépendant « Opéra » (1) intitulé « Production et commerce agricoles de l’Union Européenne : Quelles pistes pour éviter la course aux terres agricoles hors d’Europe ? ». L’un des auteurs, le professeur Harald van Witzke de l’université Humboldt de Berlin, est venu présenter ces résultats devant la Société des Agriculteurs de France début juillet. Productivité en berneAu cours de cette période, l’Union à 27 est devenue le plus grand importateur mondial de produits agricoles (devant la Chine) et donc le plus grand utilisateur de terres agricoles ne se trouvant pas sur son territoire, ce que les auteurs qualifient de « terres virtuelles ». Sur les 40 cultures et 240 matières premières étudiées, l’Union européenne n’est exportateur net de terres virtuelles que pour le blé et les céréales fourragères. Elle est importateur net pour toutes les autres cultures. Le soja représentant à lui seul plus de 50% de ces importations (17,53 millions ha), suivi par les autres oléagineux (7,68 Mha), le cacao, thé et café (6,28 Mha), les fruits de palme (2,56 Mha), les fruits (2,36 Mha), le maïs (1,92 Mha). « Nous sommes en général prompts à nous offusquer quand des nations à la recherche de ressources font l’acquisition de terres dans d’autres pays, mais c’est exactement ce que nous faisons, bien que cela prenne une forme virtuelle, par le biais du marché, plutôt que par un investissement direct à l’étranger » conclu le professeur Harald Von Witzke. Redresser la barreDans la perspective d’une politique agricole réformée le rapport analyse trois scenarii possibles : l’amélioration des rendements agricoles, l’accroissement de la surface en agriculture biologique et l’extension de l’utilisation des biocarburants. Ecrire un commentaire
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