Vous avez un intérêt technique et économique à planter
Un projet de plantation se prévoit tout au long de l’année. Mais la période idéale pour planter se situe entre novembre et mars.
Un temps de réflexion doit vous amener à réfléchir à votre projet et à préparer les infrastructures agro écologiques qui permettront aux agriculteurs de répondre aux enjeux de demain : diminution des phytos, amélioration de la qualité de l’eau et augmentation du revenu.
Le maillage bocager permet de lutter contre l’érosion et favorise le remplissage des nappes d’eau. Il héberge une faune qui limite le développement des ravageurs (pucerons, acariens), il protège les animaux du vent et de la pluie. Il produit aussi du bois d’œuvre et de chauffage dont on peut tirer un revenu. Il est par ailleurs prouvé qu’une haie spécifiquement implantée pour protéger du vent un bâtiment avicole peut générer une économie de 250 à 400 € par an. Faut-il enfin parler de l’intérêt paysager de cette démarche qui contribue à l’amélioration du cadre de vie et de l’image de l’agriculture ?
Des haies adaptées à l’objectif de l’agriculteur
Les raisons de planter ne manquent pas. Pour vous aider à bien identifier vos objectifs et définir un projet de plantation adapté (à vos besoins + au type de sol), les 2 conseillers spécialisés de la Chambre d’agriculture vous apporteront un appui technique qui vous permettra de choisir le bon type de haie (haute, mi-haute, buissonnante) puis de déterminer les essences correspondantes. Ils monteront aussi pour vous le dossier de demande de subvention auprès du Conseil général (voir paragraphe ci-dessous) et vous accompagneront dans le suivi technique du dossier (préparation du sol, choix du paillage, commande des plants, plantation puis taille). Le tout dans un délai court puisqu’il faut seulement compter 10 à 15 jours entre l’étude/montage du projet et l’acceptation de son financement.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, contactez l’équipe forêt-aménagement-paysage de la Chambre d’agriculture au 02 43 29 24 00. Elle étudiera vos projets individuels ou collectifs. Il peut en effet être intéressant de réfléchir en groupe (agriculteurs et leurs voisins). Au-delà de la cohérence du maillage bocager, cette démarche présentera un intérêt financier non négligeable (l’augmentation du linéaire génère de fortes économies d’échelle).
Abdallah MEGHAZI
Philippe GUILLET
Chambre d’agriculture
Des projets aidés par le Conseil général et accompagnés techniquement par la Chambre d’agriculture
Dans la limite des crédits disponibles, la subvention du Conseil général est fixée à :
- 0,80 € ou 1,70 €/mètre linéaire respectivement pour un paillage plastique ou un paillage biodégradable,
- 4 € par arbre isolé avec paillage biodégradable,
- 2 € par arbre avec paillage biodégradable pour les projets d’agroforesterie (50 arbres maxi/ha).
Compter 0,35 €/mètre linéaire (avec plafond maximum de 140 € TTC) pour l’accompagnement technique de la Chambre d’agriculture aux agriculteurs comprenant : conception du projet, montage du dossier, demande de subvention et suivi technique (de la préparation du sol à la taille). Compter 0,50 €/mètre linéaire pour les particuliers.
La subvention couvre, en moyenne, 50 % du coût des fournitures (paillages et plants). Dans le cas où l’agriculteur réalise lui-même la préparation du sol, la pose du paillage et la plantation, le mètre linéaire lui coûte réellement 2,5 € (conseil de la Chambre d’agriculture compris). Compter 5 à 6 €/mètre linéaire pour une opération réalisée intégralement par une entreprise.
Témoignage : Philippe et Anne-Marie Barré, agriculteurs à Saint-Rémy-du-Val. « Plantation : tout le monde s’y retrouve »
Philippe et Anne-Marie Barré ont bénéficié en 2008 d’un projet de plantation collectif mené à Saint-Rémy-du-Val. Ils dressent aujourd’hui un bilan positif de la démarche. Un bilan esthétique mais aussi affectif comme le souligne, Anne-Marie Barré : « Saint-Rémy est une commune boisée mais, dans la plaine, les haies de cytise ont été arrachées lors du remembrement et il ne restait plus rien. Etant née sur l’exploitation, j’avais à cœur de reconstituer le maillage. On avait cette envie depuis trois ans. Nous l’avons concrétisée dans le cadre d’un projet collectif autour duquel se sont mobilisés les agriculteurs et la Mairie. Au total, 6 kilomètres de haies champêtres ont été réalisés sur la commune dont 880 mètres chez nous. Les conseillers de la Chambre d’agriculture nous ont apporté un appui technique. Ils ont choisi des essences locales adaptées à nos sols calcaires. Ils ont aussi tenu compte, avec des haies mi-hautes, de notre souhait de conserver une vue sur la vallée. A terme, notre objectif est de mieux intégrer les bâtiments dans le paysage. Il est intéressant d’être accompagné par des spécialistes. Le montage du dossier et les subventions obtenues nous ont permis de confier le travail à des entreprises qui ont tout pris en charge, de la préparation du sol à la plantation. C’est intéressant car nous ne sommes pas outillés pour cela et c’est un métier différent. Au final, nous avons supporté un coût de 1 € au mètre linéaire* et nous sommes très satisfaits du résultat.
Propos recueillis par Ludovic Mesme
* projet financé par le Conseil général et la Convention Régionale d’Amélioration du Paysage et de l’Eau
Voir les fiches « plantation et entretien de haies », en bas de page, pour plus d’informations.
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