Même si le climat se réchauffe, nous ne sommes pas à l’abri du froid. Pour preuve, les semaines passées ! Le froid et la neige sont arrivés avant Noël avec des températures descendues à -9.7°C à Nogent le Bernard, suivis par une nouvelle vague de froid le 4 janvier (-14.9° à St Rémy du Val). Ces phases hivernales n’ont rien d’exceptionnel : Météo France a enregistré 28 jours de gel durant l’hiver 45, et 15 avec des températures inférieures à -5° en 1963 (température la plus basse enregistrée en Sarthe : -21° le 29 décembre 1964).
Le gel peut avoir des conséquences bénéfiques et défavorables sur les sols suivant les situations. En gelant, l’eau cristallise et occupe un volume plus grand. Dans les sols argileux, ce gonflement fait éclater les mottes en petits agrégats de 1 à 2 mm de diamètre. Cette structure très fine est à préserver : la préparation du lit de semence pourra se faire avec un simple outil à dents sans utiliser la prise de force car le sol se fait alors « comme du sable ». Dans les sols limoneux, le gel provoque parfois le décollement d’une croute de quelques centimètres en surface et la rupture des racines des céréales d’hiver. Les risques de dégâts liés au gel sont surtout à craindre dans les sols engorgés, ce qui n’a pas été le cas pour le moment. En terme de fertilité, le gel a tout arrêté : l’activité des vers de terre, celle des micro-organismes, la minéralisation, la nitrification, etc. La nature étant parfois bien faite, les besoins des plantes sont aussi minimes à ce moment.
Au cours du dégel, on observe d’abord un engorgement superficiel au dessus de la couche encore gelée. C’est lui qui est responsable du ruissellement et de la crue des rivières. Ce phénomène temporaire disparait rapidement : lorsque le sol est complètement dégelé et qu’il a retrouvé sa perméabilité d’origine, bonne ou mauvaise, l’infiltration se fait à nouveau verticalement et le ruissellement s’arrête. Il est alors temps de faire des reliquats pour voir ce qui reste d’azote dans les sols. La mesure des reliquats azotés complétée par un conseil de fertilisation et de fractionnement (dates et doses) intégrant les fournitures par les précédents culturaux, les matières organiques apportées et l’humus est possible au LARCA 72 jusqu’à fin janvier. Pour tout renseignement, contactez Monique Bertron au 02 43 28 65 86.
Jean Luc MICHONNET
Chambre d’agriculture