« Nous voulons une Pac ambitieuse parce que l’agriculture est stratégique » puisqu’elle doit « assurer la sécurité et l’indépendance alimentaire de 500 millions de consommateurs européens et contribuer à l’approvisionnement du monde » , a déclaré Jean-Michel Lemétayer en présentant le document d’orientation sur la Pac 2013 adopté par le Conseil décentralisé de la FNSEA, le 7 juillet dans l’Ain. Sans oublier la nécessaire sécurisation du revenu des producteurs face à la volatilité des prix et des marchés.
C’est la raison pour laquelle, « il est absolument nécessaire de préserver la préférence communautaire » pour « valoriser les normes sanitaires, sociales, environnementales » que l’Europe impose à ses producteurs face à « des importations dont les exigences ne sont pas les mêmes ».
Surtout, le budget agricole doit être maintenu à son niveau actuel. « Nous nous battrons pour qu’il soit préservé », a plaidé le président de la FNSEA. Avant d’évoquer de nouvelles régulations « pour prévenir et gérer les crises ». La FNSEA insiste notamment sur le renforcement du pouvoir des agriculteurs dans les filières qui passe par la réforme du droit européen de la concurrence et le maintien de mécanismes de gestion des marchés : stockage public, stockage privé, accompagnement à l’export… La FNSEA propose d’y réserver « une dotation budgétaire conséquente ». Mais elle avance surtout l’idée d’une « désannualisation » des dépenses d’intervention pour « reporter d’une année sur l’autres les dépenses non utilisées ». Plutôt qu’un système de paiements « flexibles », incompatible avec le découplage des aides.
Convergence
Sur le régime des paiements directs, la FNSEA a désormais sa religion : « On ne pourra pas rester une base historique » reconnaît Jean-Michel Lemétayer, mais il demande une période de transition suffisamment longue – 7 ans – pour « aller à la convergence des soutiens », en raison des écarts importants qui peuvent exister actuellement entre les niveaux d’aides à l’hectare.
Ceci étant, les Etats membres « doivent garder des éléments de soutien » à l’instar « de l’article 68 du bilan de santé » pour « flécher des soutiens » vers des productions fragiles, mettre en place des outils de gestion des risques (assurance, fonds sanitaire…), ou encourager de nouveaux types de production (circuits courts, signe de qualité, agriculture de qualité...). « Nous sommes hostiles au tout DPU », a résumé Jean-Michel Lemétayer.
Quant à la conditionnalité, « il convient d’arrêter de charger la barque » a déclaré le président de la FNSEA qui se prononce également pour le maintien du deuxième pilier. « Il a son importance » pour financer l’installation des jeunes agriculteurs et les indemnités compensatrices de handicaps.