Faire le choix d’une agriculture durable, donc raisonnée, suppose de revenir à un peu plus d’agronomie dans la gestion de ses intrants. Sur le plan agronomique, la fertilité des sols repose sur 3 composantes étroitement liées : physique, chimique et biologique.
Si la composante chimique facilement déterminée par le biais de l’analyse (indiquant la disponibilité des éléments nutritifs dans le réservoir-sol), la composante physique est mieux appréciée par la description d’une fosse pédologique. Avant le semis, l’observation d’un profil cultural met en évidence les contraintes liées au sol et les pièges à éviter; en végétation. Le profil cultural permet de vérifier la qualité du travail réalisé et de corriger le tir, si nécessaire, lors de la campagne suivante.
La composante biologique est de loin la moins évidente à maîtriser. Elle repose principalement sur le trio vers de terre-bactéries-champignons. Si le rôle des vers de terre est bien connu, celui des bactéries et des champignons l’est beaucoup moins. Ce retard s’explique par le manque d’intérêt général pour ces organismes et leur extrême diversité. Mais ils font aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches qui révèlent leur importance. En plus de conditionner le cycle biogéochimique des éléments nutritifs (notamment celui de l’azote), ils jouent un rôle essentiel sur l’environnement immédiat de la racine, sur la disponibilité en eau, sur la croissance et la santé de la plante.
L’enjeu est de taille : une connaissance fine des communautés microbiennes telluriques et du rôle exact joué par les populations qui les constituent permettrait leur maîtrise dans le sol et, à terme, de réduire les niveaux d’intrants, engrais ou fongicides.
Jean-Luc Michonnet
Chambre d’agriculture