Depuis l'accord du 3 juin, le prix du lait s'élabore en 3 étapes. Chaque mois, il dépend de 3 paramètres : l'évolution des marchés laitiers, la saison et la valorisation du lait par la laiterie.
- L'outil retenu pour intégrer l'évolution du contexte économique est « l'indice de marché ou indice économique». Il est élaboré par le CNIEL.
- L'outil retenu pour tenir compte de la saison dans le prix du lait s'appelle « l'indice de saisonnalité ». Il est élaboré dans les régions. Pour la région laitière Bretagne – Pays de la Loire, le CILOUEST est chargé d'écrire ces indices mois par mois, c'est la grille de saisonnalité.
- Enfin, l'outil retenu pour tenir compte de la valorisation de chaque laiterie est une formule de calcul intégrée dans l'indice économique. Il existe 3 niveaux d'indice économique : F1, F2 et F3.
1- Le prix moyen de l'année précédente
Désormais, la référence utilisée pour le calcul du prix du lait est le prix moyen de l'année précédente. Pour l'année 2010, le calcul débute sur la base du prix moyen 2009, c'est à dire 278,80¤/1.000l.
2- L'indice économique ou indice de marché
L'indice économique permet de tenir compte de l'évolution des marchés laitiers. Il oriente le prix du lait à la hausse, si les marchés progressent. A l'inverse, il fait baisser le prix du lait quand les marchés sont en recul. Il permet au prix du lait français de rester en phase avec les marchés laitiers.
Il est calculé par le CNIEL selon des formules qui ont été acceptées dans l'Accord du 3 juin. L'indice économique est calculé pour un trimestre. Il s'applique de la même manière sur les 3 mois du trimestre.
L'indice économique peut être de niveau F1, F2 ou F3 selon le niveau de valorisation des transformateurs. Il tient donc compte du mix produits des laiteries. Pour le 1er trimestre 2010, l'indice économique tient compte d'une hausse des marchés de +3,1% pour F1, de +5,8% pour F2 et enfin +8,5% pour F3. Au final, l'indice économique de F1 pour le 1er trimestre 2010 est de +8,68¤/1.000L et pour F3 de +22,27¤/1.000L.
Avant d'obtenir ces résultats, qu'est-ce que le CNIEL regarde ? Le CNIEL observe l'évolution de 5 paramètres. A chaque fois, il compare les prix du dernier trimestre à ceux du trimestre correspondant pour l'année précédente. Il observe les cotations de 3 types de produits laitiers : les PGC France, les Produits Industriels (Beurre et Poudre) sur les marchés mondiaux et les PGC Export (Fromages allemands). Le CNIEL tient également compte de l'évolution de 2 autres paramètres : le prix du lait allemand et l'indice IPAMPA. Cet indice est le reflet de l'évolution des coûts de production (énergie, intrants, céréales etc.). Ces deux derniers indices permettent aux transformateurs et aux producteurs de veiller à la cohérence des prix par rapport à l'environnement.
PGC France : Produit de grande consommation commercialisés sur le marché français
PGC Export : Produit de grande consommation commercialisés sur les marchés extérieurs
3- L'indice de la saisonnalité
L'indice de saisonnalité permet de tenir compte de l'impact de la saison sur les coûts de production. Il incite les éleveurs à produire du lait entre juin et octobre. En contre-partie, il amoindrit le prix du lait de novembre à mai, période où l'offre serait naturellement plus abondante. Il s'agit donc d'une incitation à la régularité des livraisons de lait. En effet, la consommation de produits laitiers est assez régulière sur l'année. Alors plutôt que de gérer des stocks saisonniers, les transformateurs et les producteurs de lait ont intérêt à avoir une production et une transformation de lait les plus régulières possibles.
L'indice de saisonnalité est fixé mois par mois selon une grille élaborée par le CILOUEST, il s'agit de la grille de saisonnalité. La grille de saisonnalité qui s'applique actuellement a été élaborée en décembre 2009. Elle a été signée pour 2 ans, mais 2010 est une année de transition.
