Au regard des coûts de production, il est nécessaire de développer l’autonomie alimentaire des exploitations en matière de protéines. Deux pistes s’offrent aux éleveurs : récolter plus de protéagineux et/ou travailler sur les fourrages.
Piste 1 : récolter plus de protéagineux
Dans ce cas, on privilégiera l’implantation de féverole à celle de lupin ou de pois. La féverole est en effet plus intéressante d’un point de vue technique. Elle est plus facile à conduire et moins exigeante en terme de sol. Toutefois il convient de bien intégrer ses limites sur le plan économique. Elle n’est guère plus rentable qu’un achat de protéines à l’extérieur. Son seul avantage est de réduire votre dépendance aux marchés.
Attention à ne pas rater le désherbage et ainsi à pénaliser fortement cette culture. Pour limiter ce risque, les éleveurs qui se lanceraient dans la voie des protéagineux pourront recourir aux mélanges céréales-protéagineux.
Piste 2 : travailler sur les fourragesEn ce qui concerne le travail sur les fourrages, il est conseillé d’implanter des légumineuses. Seules ou en association, elles génèrent peu de problèmes en matière de suivi, offrent de bon rendements et constituent un fourrage de qualité pour les animaux. Leur inconvénient est, cette fois, celui du temps de travail et du coût de mécanisation : 3 ou 4 récoltes dans l’année sont en effet nécessaires.
Au final, l’éleveur arbitrera en fonction de ses objectifs sans oublier qu’il existe aussi des marges de progrès sur les prairies en place. Elles peuvent être mieux valorisée par une vigilance accrue sur les stades de récolte. Trop tardifs, ces derniers génèrent une perte de qualité des ensilages ou du gaspillage au pâturage. Sur ce point, le réseau « pousse de l’herbe » fait chaque année la preuve de son utilité. A compter de mi-mars, les résultats de croissance observées sur 6 fermes (Chambre d’agriculture et Clasel) sont diffusés dans le journal Agri’72 et sur le site www.agri72.com. Accompagnés de conseils techniques, ils vous apportent des indications précises sur la nécessité ou non de faucher.
Nicolas Bulot
Chambre d’agriculture